{"id":3516,"date":"2021-09-26T23:33:57","date_gmt":"2021-09-26T21:33:57","guid":{"rendered":"http:\/\/eude.aimon.free.fr\/?p=3516"},"modified":"2021-10-01T17:42:36","modified_gmt":"2021-10-01T15:42:36","slug":"du-coffre","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/eude.aimon.free.fr\/index.php\/du-coffre","title":{"rendered":"Du coffre"},"content":{"rendered":"\n<p>Forme, volume, esth\u00e9tique, quand je regarde ce coffre, je peux lire toute la force cr\u00e9atrice, la puissance de l\u2019esprit compagnon. Je peux lire l&rsquo;attention port\u00e9e, l\u2019\u0153uvre de la pens\u00e9e dans l&rsquo;assemblage des parties, des si\u00e8cles artisans de tenons mortaises, injonctions de bien se tenir chevill\u00e9es au corps, queue d\u2019aronde, enfourchements rainures et languettes \u2026 Dans ce tout, je peux lire la voie de l&rsquo;imagination, dans cette projection dans la mati\u00e8re, je peux lire l&rsquo;aisance de la main, l&rsquo;esprit pass\u00e9 par les dents crues, ac\u00e9r\u00e9es de la scie, je peux voir tous les assauts du ciseau dans la diatribe des moulures, cannelures et toutes la joie souveraine dans ces motifs mettant en fleurs, le printemps conjugu\u00e9e \u00e0 toutes les saisons, tout du long, jusque sur ses pieds. Tout est \u00e9vidence, limpide, rigoureux.<br>Mais ton cul? ton cul, offert, lev\u00e9, imminence en bomb\u00e9 sur ce coffre, toi agenouill\u00e9e, g\u00e9om\u00e9trie implacable o\u00f9 mon mandrin band\u00e9 s\u2019aligne parfaitement \u00e0 l\u2019opercule de ton mortier s\u00e9pulcral?<br>Dans tout le fusel\u00e9 de tes cuisses tendues, dans la prosodie color\u00e9e et lustr\u00e9e de ta fente, l\u2019\u0153illade pathog\u00e8ne de ton trou du cul, tout cela n&rsquo;est en rien l&rsquo;expression issu d&rsquo;une quelconque pens\u00e9e architecte, ni d\u2019aucune vision cr\u00e9atrice.<br>Ton cul, juste du brut, du charnue, du juteux, de la pure v\u00e9rit\u00e9 intrins\u00e8que. L\u00e0 dans le marais de cette marne motrice, essence de d\u00e9lice visc\u00e9rale, nul dict\u00e2t, nul injonction \u00e0 part l\u2019attraction organique de ta lune, de ton cosmos chocolat dans l\u2019orbite duquel tombe le m\u00e9t\u00e9ore filant de ma langue satellite. Dans cette orni\u00e8re, dans cette bonde j\u2019abonde d\u2019une queue de com\u00e8te liquide, pressant de ma langue une sainte huile dont j\u2019allume un \u00e0 un, la ferveur de tes photophores variqueux. M&rsquo;applicant au ravalement, \u00e0 t&rsquo;enduire d\u2019une br\u00fblante brillantine, \u00e0 reluire le pourtour de ton gouffre bitumineux. Decorum annulaire, porte mouvante de ton envers obscure, o\u00f9 j\u2019enfonce mon ardeur papillonne avec d\u00e9lice. Matrice de vie, rouage imm\u00e9morial de la vie, la vie gobant l\u2019ordre min\u00e9ral, d\u00e9composition m\u00e9ticuleuse, merde miraculeuse, humus noir o\u00f9 la graine de la vie prend pieds, se d\u00e9livre en v\u00e9g\u00e9tal, s&rsquo;offre au plaisir herbivore de ma bouche sur la prairie de ton ventre, te brouter, ratisser, labourer jusqu&rsquo;\u00e0 la pr\u00e9dation carnassi\u00e8re de mes dents petites et grandes labialivores. L\u00e0 dans se marais bourbeux s\u2019\u00e9tendent les rhizomes de ma faim en \u00e9cho de la tienne. De l\u00e0, \u00e0 l\u2019autre bout je sens tes autres l\u00e8vres tendres et voraces, affam\u00e9es de fruits rouges, de jus douce\u00e2tre, de chair fra\u00eeche et d\u00e9goulinante. A l\u2019autre bout, ton insatiable app\u00e9tit o\u00f9 tombe toute la composition mara\u00eech\u00e8re, \u00e9tal de cucurbitac\u00e9es, de p\u00e8ches blettes, d\u2019abricot fendues, de salade, \u00e9tal ou je te baise dans les borborygmes des tomates \u00e9crabouill\u00e9es au milieu des vocif\u00e9rations mercantiles de la juntes m\u00e9nag\u00e8res.<br>Te l\u00e9cher ton cul, ton con, ce petit ar\u00f4mes arrang\u00e9 aux \u00e9pices de toute ta jungle femelle. Presque une h\u00e9sitation \u00e0 laisser ce tout de d\u00e9lice sur ma langue, pour pourvoir enfin m&rsquo;enfoncer en toi et t&rsquo;engrosser. Toi, sur ce coffre, tu me souffle que c&rsquo;est la bonne position. Essayer autrement, une autre fois, plus tard.<br>Dans la lente reptation de ton serpent vorace, sur les trottoirs de ton avenue digestive, dans cette catacombe ou je viens mourir \u00e0 petit feu, \u00e7a baise \u00e0 qui mieux mieux. Le coq au vin s\u2019enfile la bouch\u00e9e \u00e0 la reine, la mortadelle d\u00e9gorge sur sa t\u00eate et la cr\u00e8me fromag\u00e8re englue le tout, et moi je t\u2019enfile dans ce paradis bouillabaisse, o\u00f9 les \u00e9ponges encro\u00fbtantes d\u00e9vorent la peau de toute mes injonctions.<br>Faut-il te le dire combien j&rsquo;aime t&rsquo;enculer. Forer \u00e0 l&#8217;emport\u00e9 mon envie dans l&rsquo;\u0153illet borgeonnant de ton ventre. Combien j&rsquo;aime te limer, longtemps, raboter toute l&rsquo;ecorce entre le velours de ton tiroir visc\u00e9rale et la bogue de ma queue. Te limer longtemps, jusqu&rsquo;aux confins de tes entrailles obstru\u00e9es. Te limer, t&#8217;empaler, fort, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que ce tout enflamm\u00e9, fondu, maelstrom membru s&#8217;embrase, que ma lance surchauff\u00e9e te pulse un quasar de plasma br\u00fblant. Plus rien ne compte. A peine, un pas plus loin, ta nuque empoiss\u00e9e, l&rsquo;h\u00e9micycle de ta bouche abreuvant le carrousel de coton. Ta peau courb\u00e9e a l&rsquo;arrach\u00e9e dans l&rsquo;hal\u00e8tement de mes mains. L\u00e0, dans la malle de ton cul, nulle \u00e9conomie. J&rsquo;enfourne tout sans pr\u00e9caution, raz la gueule. Que \u00e7a claque, \u00e9clabousse. La charni\u00e8re de ta fente craque, aval\u00e9e par la messe ogivale, bourrelet et largesse \u00e9piscopale de ma queue. Jointures blanchies sur le plissement du temps. Tu t&rsquo;accroches, \u00e9vite la chute, l&rsquo;affalement, l&rsquo;affaissement dans les abysses de notre tout souffl\u00e9 retombant ind\u00e9termin\u00e9, plus rien ne compte. Le r\u00e9veil d\u00e9gueule des minutes indistinctes. Le m\u00e9tro bond\u00e9 de ma queue va et vient sur ta voie principale. Vomit une mar\u00e9e de lave vivante, ratent des aiguillages, t&rsquo;\u00e9viscere, butent, s&rsquo;enfichent \u00e0 nouveaux, passe le terminus, d\u00e9foncent le butoir p\u00e9rin\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9carpement de tes fesses, \u00e9cartel\u00e9es sous l&rsquo;accroc de mes doigts. Tenir la cadence. Jusqu&rsquo;au bout de nos souffles. L\u00e0 dans la malle de ton cul, enfourner mon offrande laiteuse, que je bats en \u00e9mulsions jusqu&rsquo;a l&rsquo;exangue. La vie s&rsquo;\u00e9coule. Ne rien garder, ne rien conserver, amour, art \u00e9ph\u00e9m\u00e8re.. peut-\u00eatre juste dans le coffre de ma m\u00e9moire, garder la lumi\u00e8re perlant sur ta peau, ce chant essouffl\u00e9 des profondeurs et puis en gravure, la luisante arabesque de nos foutres glissant en petites fleurs de printemps sur l&rsquo;\u00e9corce de tes jambes jusque sur la plante de tes pieds..<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Forme, volume, esth\u00e9tique, quand je regarde ce coffre, je peux lire toute la force cr\u00e9atrice, la puissance de l\u2019esprit compagnon. 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